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Morey Saint Denis : Grands Crus

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Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Patrick Essa le Ven 16 Avr 2010 - 13:40

Clos Saint Denis 2007 - Domaine Arlaud à Morey-Saint-Denis

Ce grand cru de Morey est peu étendu et situé dans la partie médiane du coteau qui domine le village. Le sol connaît une pente douce à cet endroit et est composé d'un susbstrat marno-calcaire moins caillouteux que dans le Clos de la Roche voisin. Il réunit aujourd'hui 4 lieux-dits très qualitatifs qui ont tous des caractéristiques morpho-géologiques similaires: le Clos saint Denis originel, Maison Brûlée, Calouères et une partie des Chaffots. Ensemble ils mesurent 6 ha 62 a 60 ca. Moins connu que les autres il s'agit également du plus délicat et du plus fin des grands crus de Morey et l'on peut facilement le rapprocher des Musigny, Amoureuses et Griottes tant sa texture souple possède un soyeux avéré.
J'aime toujours sa forme discrète qui le rend moins démonstarif que ses pairs en jeunesse mais qui en revanche procure en bouche une sensation tactile sensuelle quasiment inégalée dans la côte. Un grand Clos saint Denis rivalise au vieillissemnt avec les meilleurs crus du nuiton et sait séduire par son infinie complexité aromatique épicée et délicatement florale.
Les excellents producteurs ne manquent pas sur ce petit finage et je vous recommande particulièrement celui de la famille Heresztyn (Calouère) toujours très aérien, finement réglissé et d'une douceur inouïe, celui du domaine Pierre Amiot, régulièrement délicat, parfumé et "giroflé" de manière racée et ceux bien entendu des domaines Dujac et Castagnier. Le domaine Arlaud quant à lui possède ici un peu moins de 20 ares partagées entre le Clos saint Denis originel et un "bout" de Chaffots contigu, juste au dessus. la parcelle est entourée par les vignes Amiot et Chezeaux.

Ce 2007 se présente rubis moyen avec des reflets pourpres et une très belle brillance qui indique qu'il a été très adroitement éclairci avant mise. Les senteurs de merise, de cassis frais, de grenade et de zest d'orange se mêlent en une vraie et intense complexité olfactive qui s'affine encore avec un légère aération. La trame est d'une très grande douceur et les tanins sans aspérité offrent une impression tactile extrêmement sensuelle et enveloppante sur le palais. J'ai été séduit par la dimension racée et la longueur de ce merveilleux vin d'esthète, si proche dans sa forme de ce que le domaine Mugnier a réalisé sur le millésime. Le domaine Arlaud semble par ailleurs avoir nettement infléchi ses vinifications vers l'élégance depuis quelques millésimes. Une brillante réussite. Excellent.93+

Clos des Lambrays 2007 : Domaine des Lambrays à Morey Saint Denis

Le clos a longtemps appertenu à la famille Cosson. Madame Renée Cosson fut une des figures emblématiques de la Côte dans la première moitié du 20°siècle. Soucieuse de tirer la quintessence de ces très vielles vignes, elle a produit jusque dans les 50 des vins qui se positionnaient - sans être classés en grand cru - parmi le meilleur de la production bourguignonne. le Clos des Lambrays lui doit une partie de sa légende. Celle-ci est au fond assez récente car on ne trouve pas trace de ce Clos dans les écrits du début du 19° siècle. Il naît semble t'il sous ce nom alors que Louis Joly le possède. Il le baptise en associant les Lambrays aux Bouchots et Larreys voisins et en lui attribuant le nom de Clos des Lambrays à une époque où les origines sont plus nébuleuses qu'aujourd'hui. Le terroir est cependant exceptionnel et la famille Rodier qui rachète celui-ci en 1866 continue d'exploiter sous ce nom ce "grand cru classé" avant que des revers de fortune ne pousse Albert Rodier à le vendre à notre chère banquière parisienne Cosson. A partir de 1938 et jusuq'au début des années soixantes la propriété s'enferme derrière ses murs et vit hors du temps. Elle ne diffuse ses vins qu'après quatre à cinq années d'élevage en fûts usagés et produit toute une série de vins hors normes - glorieux 37 et 47 - qui se vendent au compte goutte...ou pas du tout!
De manière concomittente l'état du vignoble dépérit et s'il subsistait jusque dans les années 70 des vignes franches de pieds, elles achèvent leurs vies dans le courant de cette décennie. Le clos est racheté par la famille Saïer et deux autres actionnaires en 1979 et depuis lors confié aux soins exigeants de l'excellent et méticuleux Thierry Broin. il y aura des changements de propriétaires et d'actionnaires dans le courant des années 90 mais l'équipe technique en place n'a que peu varié depuis lors, même si les méthodes culturales et les process de vinifications ont largement progressés...comme partout en ces contrées!
Le terroir des Lambrays couvre une superficie exacte de 8 ha 69 a 75 ca et il varie nettement selon la situation qu'il ocupe dans le coteau. Les parties basses très argileuses apporte, le corps, le fruit, les notes épicées et la relative accessibilité au cru. Les parties médianes plus inclinées vers l'est, solaires, sont composées de terres argilo-calcaires, bien ventilées qui autorisent une parfaite maturation des raisins et des états sanitaires idéaux. Elles apportent un côté racé, droit et très "séveux" au grand vin et s'approchent très nettement du caractère du Clos de Tart. Le dessus plus marneux, mûrit un peu plus tardivement et complexifie les Lambrays au niveau de la finesse en apportant une certaine fraîcheur à l'ensemble. Ainsi le cru est-il avant tout unique par l'assemblage de ses différentes composantes morpho-géologiques, en cela il diffère très nettement du "mini" Clos des Lambrays (5 ares) de la famille Taupenot-Merme - par ailleurs excellent également - car celui-ci est uniquement positionné dans le bas du cru.

Ce 2007 a été dégusté en compagnie de Thierry Broin pendant les grands jours de Bourgogne et il m'a fait une très belle impression par sa puissance et son côté ultra racé dans une année qui n'a pas toujours la densité espérée dans les grands crus. Couleur sombre sur des reflets rubis, jeune et particulièrement brillante avec des accents violacés qui signent sa profondeur et une probable légère filtration. Le nez puissant exhale des notes de fraise des bois, de cacao amer, de menthe sauvage et de reseda. A l'aération il évolue vers les notes épicées si carcatéristiques de ce cru d'élite unique. La bouche est dense, parfumée et construite sur des tanins abondants parfaitement polis. j'aime l'élevage discret de ce vin très "nature" dans sa forme et la longue finale sur les fruits noirs, particulièrement la mûre. Un très beau 2007. Très bien++. 92

Clos de Tart 2002 et 1990 Maison Mommessin

Vinifié depuis le millésime 1996 par Sylvain Pitiot, le Clos de Tart a connu une forte évolution au niveau de son expression depuis cette date. Naguère marqué par une extrême finesse, un élevage très discret et des arômes quelque peu évanescents, centrés sur les fruits rouges et des accents floraux racés, il s'exprime aujourd'hui sur la force de cuvaisons plus longues, d'élevages généreusement boisés et de matières plus serrées. Ce changement de cap est sans doute pour beaucoup dans sa reconnaissance internationale actuelle car le grand cru se montre désormais aussi concentré que les plus grands vins bourguignons tout en gardant sa finesse incomparable liée à un terroir hors du commun et classé comme tel sans la moindre variation depuis toujours.
Ce terroir situé sur le finage de Morey Saint Denis représente pour beaucoup le lieu ultime de l'expression du pinot noir en Côte de Nuits. Mélange de la finesse cambuléenne et de la puissance gibriaçoise, il possède la sève du Chambertin, les notes épicées du Clos de la Roche et cette formidable puissance interne que l'on trouve en Bonnes Mares dans la partie qui précisément se situe sur Morey. On sait d'ailleurs assez peu en général qu'il subsiste environ 30 ares de Bonnes Mares classées dans le Clos et que celles-ci sont élevées à part depuis quelques années par un célèbre éleveur, amateur de bois neuf.
Le cru est situé sur un coteau pentu en son exacte partie centrale, bordé au sud par les Bonnes Mares et au nord par le Clos des lambrays qui monte plus haut sur la pente et regarde légèrement le nord-est. D'une contenance de 7 hectares 53 ares, monopole de la maison Mommessin, il possède une grande homogénéité au niveau de son exposition et est "avantagé" par une plantation des ceps dans le sens nord-sud, soit en fait légèrement en dévers, ce qui vous pouvez me croire n'avantage pas le tractoriste, mais en revanche confère une maturation des plus uniformes aux baies. Son sous sol date de la période bajocienne du Jurassique, il est composé de terres brunes mêlées de petits cailloux draînants et ressuie très vite. Quelques affleurements de roches le marque par endroits et -de manière très originale- il est traversé par une veine calcaire qui part des Bonnes Mares situées au dessus de la carrière Ponnelle. Il puise de ce substrat une merveilleuse finesse de constitution potentielle et semble n'avoir aucun équivalent à ce niveau en dehors des Bonnes Mares qui vont jusqu'à lui à partir de la vigne du domaine Robert Groffier. Légèrement moins incliné vers le levant dans la partie basse et situé à cet endroit sur des terres plus argileuses qui lui donnent une très légère rusticité et des accents épicés très caractéristiques, il est vinifié selon 5 à 7 lots différents, disposant de spécificités particulières, puis unifié au moment de la mise en bouteille.
Embouteillé après 18 à 20 mois d'élevage dans des chais climatisés en première année et enterré dans d'extraordinaires caves sur trois niveaux en seconde année, il libère dès sa naissance des arômes floraux généreusement boisés et terriblement séducteurs. Un vin noble et aristocratique est alors diffusé au compte goutte à des prix qui aujourd'hui sont forts proches de ceux de la Romanée et des meilleurs Richebourg et Musigny. Il vous en coûtera environ 220 euros au départ de la propriété en ce moment et c'est sans doute le seul élément qui me laisse dubitatif avec ce cru...

Ce 2002 m'a été offert par un "célèbre" membre du site et nous l'avons bu ensemble aux côtés d'une invraisemblable série de crus de tous horizons. IL fut sans conteste aucun, le meilleur de la série tant son énergie et sa droiture nous ont transporté. Une robe sombre, d'un rubis profond à la jeunesse immaculée. Brillant, frais, évoquant les tentures de la comédie française...mais aussi le faste de ses pièces. Et puis quel nez! Subtil mélange de griotte sauvage, d'épices douces, de poivre noir, de girofle et de rose ancienne, il s'insinue longuement pour finir par devenir entêtant. La bouche est au diapason de cette pièce en trois actes complexes et déclame des arômes prégnants de fruits noirs, de caroube et de bois précieux avant de s'emballer sur des accents réglissés d'une indicible perfection. Boisé fin, touché de bouche sensuel, finale montante et impression de plénitude...l'harmonie du chef d'oeuvre. Un très "très" grand vin d'aujourd'hui. Respect. Hors Classe.96+


Le 1990 a été dégusté au milieu d'une formidable série de Côte de Nuits et en parallèle avec le 2002 du domaine. Le style est celui des vins classiques de la Côte de Nuits produits à cette époque. Une couleur rubis, assez légère qui commence à se parer de reflets orangés et qui possède une turbidité assez élevée. la bouteille est par ailleurs marquée par un dépot de tanins assez éloquent. Les effluves de cerise griotte, de cacao amer et de fleurs fanées forment un profil olfactif racé et insinuant qui ne fait que se complexifier à l'aération. On perçoit une vraie délicatesse dans ce vin evanescent à la trame légère et aérienne qui joue sur le registre de la subtilité beaucoup plus que sur celui de la puissance.Arômes de réglisse, de framboise et de chocolat avec un touché de bouche un rien "sucreux". J'aime sa fraîcheur et son équilibre frais qui lui confère encore une vraie énergie en finale. Un joli vin qui dans ce millésime très qualitatif pourrait se montrer toutefois un peu plus concentré. Bien + 88.

Clos de la Roche 2001 - Domaine Lignier Michelot à Morey Saint Denis

Le Clos de la Roche est un vin de cailloux. Sans doute situé - plus encore dans sa partie haute -sur une des zones les plus rocheuses de la côte, il est composé d'un substrat superficiel qui ne mesure en moyenne pas plus de trente centimètres puis il est parsemé de bans rocheux très dur qui épuisent régulièrement les charrues et les fessous qui servent à travailler les sols. Placé dans les marnes calloviennes du tiers inférieur du coteau de Morey, il grimpe en une pente régulière - orientée à l'est - jusqu'au début de l'escarpement bathonien. C'est une terre parfaitement drainée qui ressuie vite et qui mûrit aisément. Elle n'a cependant plus toute la parfaite homogénéité que lui conférait le Clos de la roche originel. Celui-ci mesurait alors 4 ha 57 a 40 ca et d'après Denis Morelot au début du 19° siècle rivalisait en qualité avec le Clos de Tart.
La création de son appellation d'origine contrôlée en 1936 a englobé de nombreuses parcelles avoisinantes comme cela a été le cas en Echezeaux à Vosne par exemple. Ces terres d'excellentes qualités et tout à fait dignes d'être classées en "grand cru" ont cependant des caractères différents et il est toujours passionnant de déguster ce cru en connaissant son origine, voire son assemblage de diverses origines. La finesse aérienne du bas des Mont luisants, les très parfumés Fremières, Froichots et Mauchamps, le côté altier des Chaffots et la sève des Chabiots composent un puzzle d'arômes souvent envoûtant en dégustation comparative, y compris dans les vins "nouveaux". Le Clos de la Roche initial a gardé cette plénitude de constitution et ce côté épicé et sauvage unique, qu'il faut absolument avoir dégusté à maturité pour évaluer les ultimes potentialités de ce cru d'exception.
Mesurant aujourd'hui 16ha 90a 27ca comprises entre les Latricères, les Combottes et le Clos saint Denis, le Clos de la Roche donne régulièrement des vins athlétiques, fougueux et très vineux qui portent en eux de violents arômes d'épices (poivre, cannelle et girofle) et de fruits noirs. C'est un vin de longue garde, toujours constitué sur une acidité juste et une richesse tannique qui n'exclu nullement la finesse. Improbable mélange du Tart et du Chambertin, il est un peu le Mouton-Rotschild de la Côte de Nuits: "A nul autre second!"
Le domaine Lignier-Michelot qui est dirigé par Virgile Lignier cultive ici environ 30 ares, sise dans deux parcelles distinctes situées dans le bas des Monts Luisants tout contre le Clos de la Roche initial en sa partie haute. Les terres sont très caillouteuses, brunes, de la plus belle nature qui soit pour le caractère si original de ce cru. Aujourd'hui âgée d’une vingtaine d'années, les vignes sont parfaitement gérées pour obtenir une concentration digne de son statut. Les vins sont élevés avec beaucoup de classicisme avec une proportion allant de 30 à 50% de bois neufs et leur style est fort proche de celui de feu le grand Henri Jayer.

Ce 2001 est donc né sur des plants relativement jeune et dans une année assez tardive où les raisins ont été coupés sur une maturité froide qui tendu en général les structures et parfois apporté une certaine verdeur à des crus un rien austères en jeunesse. Après 8 années de bouteille force est de constater que celui-ci se présente aimable et parfaitement fondu sur une matière généreuse qui a évité les écueils du millésime.
La couleur rubis est encore jeune, assez profonde et brillante, elle semble avoir été très légèrement filtrée pour une brillance plus affirmée. Les senteurs de cerise griotte, de réglisse, de noix de cajou et de poivre blanc se mêlent en une expression olfactive d'une rare noblesse. Ce nez intense se complexifie encore à l'aération en faisant apparaître une note fumée d'une superbe élégance. La bouche d'impression parfaitement mûre libère des arômes frais d'airelle, de prune et de fraise des bois tout en disposant de tanins abondants mais très fins. J'aime le boisé absent, le volume d'une trame douce et la nature exquise des arômes d'une finale montante sans être acerbe. Long, distingué, racé, un vin vraiment à point aujourd'hui. Excellent.92+
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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Invité le Ven 16 Avr 2010 - 14:27

À quand le "Guide d'Or" par Patrick Essa ?

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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Patrick Essa le Ven 16 Avr 2010 - 15:37

Désolé pour les quelques coquilles qui subsistent dans ces textes que je mets en ligne "à chaud" sur mon site...mais c'est au fond l'esprit des débuts du web!
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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Invité le Ven 16 Avr 2010 - 15:40

Patrick Essa a écrit:Désolé pour les quelques coquilles qui subsistent dans ces textes que je mets en ligne "à chaud" sur mon site...mais c'est au fond l'esprit des débuts du web!

Patrick,
j'aime plutôt bien quand tu es à chaud

je suis en train de déguster du Provence pour te concocter une sélection à chaud

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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Patrick Essa le Ven 16 Avr 2010 - 15:41

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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Invité le Ven 16 Avr 2010 - 15:45

je me suis jamais autant tapé de coteaux d'aix depuis que je t'ai rencontré!je suis en mission, j'ai du faire une pause avec ton aligoté et la dernière bouteille de Bourgogne rouge bue est un Côte de Nuits Village les Vignottes de JJ Confuron pour me refaire le palais.

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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Invité le Ven 16 Avr 2010 - 15:46

un 2007, c'est sympa mais à attendre un peu

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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

Message par Invité le Ven 16 Avr 2010 - 15:51

en parlant de 2007, celui de Arlaud que tu as dégusté, j'en rêverai d'y tremper mes lèvres, as tu gouté leur bonnes mares?

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Re: Morey Saint Denis : Grands Crus

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