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Dégustations bourguignonnes...

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Dégustations bourguignonnes...

Message par Patrick Essa le Dim 25 Avr 2010 - 11:53

Mazis Chambertin 2003 Domaine Harmand Geoffroy à Gevrey-Chambertin

Le climat de Mazis mesure 9ha 10a 34ca et est coupé en deux parties dont on a longtemps évoqué la difrénec qualitative. Le dessus êtant considéré comme plus qualitatif en raison de sa position plus haute sur le coteau et de sa pente plus forte. Cependant ces deux sous-climats sont coupés par une diagonale qui place certains Mazis Bas au dessus de certains Mazis hauts...on le voit "l'affaire" est plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord, d'autant que l'endroit s'érode vite et que de nombreuses terres du dessus ont raviné vers le bas. Il en résulte toutefois une partie supérieure un rien plus inclinée et solaire avec une couche végétale plus maigre. Nous sommes sur une terre du jurassique de l'étage bajocien et le sous sol est composé de calcaire à entroque. Un substrat assez proche de celui du Clos de Bzez voisin mais en plus recouvert sur le plan superficiel d'une terre brune, assez foncée. Le cru est encore un peu sous l'influence éolienne de la Combe Lavaux toute proche et sa situation plein Est est remarquablement uniforme.

C'est un vin merveilleux qui se place dans le peloton de tête des vins du nuiton et qui cousine fortement avec Bonnes Mares. Il est sans doute le seul à pouvoir rivaliser avec l'intensité "athlétique" du cru en sa partie cambuléenne car sa texture toujours très profonde et sa générosité légendaire en font un vin de haute tenue qui s'épanouit véritablement sur le long terme.

Le domaine Harmand-Geoffroy exploite ici plus de un hectare dans des parcelles mêlant le haut et le bas du climat, il en tire un vin toujours très élégant et raffiné qui s'exprime depuis quelques années avec autant d'intensité que de douceur de texture. Avec ceux des domaines Dupont-Tisserandot, Guyon, Faiveley et Confuron-Cotetidot il me paraît être le plus complet de son temps et en déguster un a toujours été ces dernières années un intense moment de plaisir. Ce 2003 est issu d'une année solaire et très précoce et il correspond à un net changement d'orientation vers la douceur de texture et la pûreté au domaine. Peu d'extraction et un élevage attentif ont repoussé les notes animales et réductrices qui émaillaient légèrement certains crus du domaione dans les années antérieures.

Ce vin est sombre et présente une robe rubis très engageante qui semble avoir été légèrement filtrée. Les senteurs de pivoine, de giroflée et de mûre se combinent en un profil nasale intense fort séducteur et finement chocolaté à l'aération . La bouche est très légèrement confite et exprime de francs arômes de pruneau, de poivre noir et de garrigue, très caractéristiques de cette année ensoleillée. La finale montante et la texture douce procurent beaucoup de plaisir. Tanins très fins, élevage discret.Un beau vin qui a le mérite d'être déjà "en place". Très bien+

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Patrick Essa

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Re: Dégustations bourguignonnes...

Message par Patrick Essa le Dim 25 Avr 2010 - 11:55

Volnay-Taillepieds 1996 Domaine De Montille à Volnay

Les vins de ce domaine médiatique situé à Volnay puisent leur énergie dans les beaux terroirs de ce village. Bénéficiant de l'exposition idéale au levant d'un large coteau échancré en son milieu par une combe, le finage donne un caractère souple et élégant aux premiers crus alors qu'il a tendance a dynamiser les "villages" en les marquant d'une fermeté assez éloignée des cractéristiques élégantes que l'on confère aux cuvées du village en général. Taillepieds est un des premiers crus les plus élevés de la commune. Pentu dans sa partie haute proche des sapins, sa déclivité diminue en allant vers l'Est. De ce fait le cru peut être énergique et assez tendu s'il est issu des zones hautes et plus souple et épicé lorsqu'il vient du bas. La parcelle de Montille jouxte les maisons du village et est pour partie assez haut placée dans un micro-lieu-dit un peu froid. Il en résulte un vin tendu et droit qui possède année après année une vraie capacité de maturation qui adoucit sa fougue et magnifie son bouquet.

Etienne de Montille a beaucoup assoupli les vins du domaine depuis le millésime 99 en leur donnant un soyeux de texture affirmé sans pour autant les priver d'une capacité de garde remarquable. Ce 96 évoque l'ancien style, plus abrupt, tannique et austère, surtout dans ce millésime tardif de maturité "froide". Une année qui a durci les trames, parfois jusqu'à l'excès en raison d'acidités tartriques élevées. En revanche cela donne des vins frais et sans doute à attendre encore de longues années.

Celui-ci dispose d'une couleur assez sombre, rubis, peu évoluée vers l'acajou et ayant une turbidité assez élevée; il a manifestement été peu filtré. Les notes de cerise à l'eau de vie, de suie et de sureau se combinent en un profil olfactif assez complexe, marqué à l'aération par une ligne sous-jacente un peu "verte". Ce trait se retrouve en une bouche tannique, serrée et très compacte à ce stade. Un peu gêné par ce profil anguleux, je patiente un instant et finis par trouver une certaine harmonie en des arômes de fruits noirs frais et une fine trace épicée. L'élevage est désormais parfaitement intégré mais il subsiste une sècheresse un peu trop marquée sur la finale de longueur correcte. Un vin un peu suranné pour lequel il est difficile de prédire un avenir radieux. Moyen+

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Patrick Essa

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Re: Dégustations bourguignonnes...

Message par Patrick Essa le Dim 25 Avr 2010 - 11:56

Pommard 2007 Château de Pommard

Clos unique de 20 ha, ceint d'un mur séculaire en pierre de taille et flanqué de deux bâtisses signeuriales, le château de Pommard a fier allure. Maurice Giraud qui a racheté l'entité à M. Laplanche à la fin des années 90 n'a pas ménagé son énergie pour magnifier cet écrin en le dotant d'un petit jardin à la française, en rénovant complètement l'ancien château Vivant Micquaut, les chais, les caves,le hall de réception, les salons d'accueils...bref en tout changeant ou presque! Vu de l'extérieur cette entreprise pharaonique a des dehors un peu clinquants et les mauvaises langues n'ont jamais manqué de souligner que le vin en dépit de tous ces soins n'a pas toujours été à la hauteur du rang auquel il prétend... Avouons le, à juste titre.

Cependant le savoyard - région d'origine de M. Giraud - est opiniatre et comme il dispose de moyens à la hauteur de ses ambitions il a su imprimer une vraie énergie à ce domaine en s'entourant de gens particulièrement compétents. Cecile Lepers la directrice générale des lieux, gère avec brio une entité qui progresse chaque année au niveau commercial, et puis après un court épisode Philippe Charlopin est arrivé l'excellent Emmanuel Sala aux vinifications. Ainsi depuis fin 2006 est-il aux commandes du grand vin, des vinifications, des élevages et de la manière d'aborder les vignes sur le plan cultural. Voilà qui a tout changé car l'homme sait ce qu'il veut et ne ménage pas ses efforts pour y parvenir.

Le sol argilo-calcaire du château est de nature très complexe et une analyse récente de Claude Bourguignon montre qu'il est constitué d'argiles à larges feuillets diposant de surfaces internes remarquables en certaines de ses parcelles. Bien sûr tout n'est pas au même niveau et la sélection des lieux-dits qui rentrent dans le grand vin est sans doute une des futures clefs de la réussite de ce cru au profil si souvent changeant. Je suis convaincu qu'il est possible de produire ici une cuvée de 80.000/100.000 bouteilles de haut niveau ayant une personnalité propre. Nous verrons si le temps apporte des éléments de réponses allant dans ce sens. Pour l'heure j'ai dégusté ce 2007 une bonne quinzaine de fois déjà et ce, à tous les stades de son évolution: du raisin dans le clos à cette bouteille ouverte hier en passant par l'ensemble des parcelles en cuves, en fûts, à 6 mois, 10 mois et 17 mois... bref le Château de Pommard 2007, je sais de quoi je parle!

Ce 2007 se présente sombre sur une robe rubis de turbidité assez faible, très classiquement bourguignonne. Le nez retenu de prime abord - nous le dégustons à température de cave et il fait froid en Bourgogne en ce moment ! - s'ouvre progressivement vers des notes de fruits à noyaux, de griotte, de fraise des bois et de sureau. D'impression fraîche, le profil olfactif séduit par sa pureté et la discrétion de l'élevage. Après les vinifications Charlopin un peu démonstratives nous voici revenu à Pommard! La bouche est souple, très élégante et construite sur des tanins assez abondants et fins. On perçoit une légère trace boisée très intégrée ce qui est normal à ce stade car le vin a été mis en bouteille après 24 mois d'élevage, qui souligne une matière serrée. Les notes de pruneaux et de réglisse se combinent pour livrer un profil aromatique gourmand qui termine sur une longueur insinuante. Un vin encore très jeune qui demande une éducation bourguignonne - liée à la race et à la complexité des terroirs - pour être pleinement apprécié en ce moment mais qui se livrera magnifiquement dans 3 à 5 années. Une réussite à ce niveau d'appellation. Dommage toutefois que le prix ne soit pas un peu plus modeste pour refléter pleinement la discrétion et la sagesse des gens qui le produisent et sa vraie qualité actuelle.Très bien.

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Re: Dégustations bourguignonnes...

Message par Patrick Essa le Dim 25 Avr 2010 - 11:57

Volnay Chevret 1999 Domaine Rossignol-Jeanniard / Nicolas Rossignol à Volnay

Le petit cru de Chevret jouxte le terroir de Meursault dans le prolongement exact du fameux terroir des Santenots du milieu, au nord du Clos des Santenots du domaine Prieur. En dépit de ce qui est très souvent écrit sur sa ressemblence avec ce dernier climat, il donne en général des vins plus élégants, moins puissants et d'une séduction immédiate beaucoup plus affirmée. Sa terre blonde mêlée de cailloutis, marno-calcaire, filtrante et en pente douce vers le levant marque fortement le cru du côté de la sensualité. Assez proche de l'esprit des Caillerets du haut et du Clos des soixantes ouvrées , il cousine également avec les Santenots blancs de Meursault et les Petits Epenots du dessus de Pommard. Sans doute s'agit-il du premier cru le plus injustement minoré de la commune car je n'hésite pas à le placer dans mon quinté de tête pour l'avoir maintes fois dégusté chez Nicolas ou au domaine Jean Boillot.

1999 est une année superbe en côte de Beaune et sans doute idéale pour la commune de Volnay qui a produit là ses meilleurs vins depuis les glorieux 1959. Plus sensuel que le 2005 et plus riche que le 2009 en élevage, ce millésime était potentiellement fort proche de la perfection.

De couleur sombre, pourpre à reflets rubis, ce vin se présente sans évolution et sur une brillance idéale. Le nez est très fin et exhale de fines senteurs de cerise, de caroube, de menthe sauvage, de poivre blanc et de framboise sur une intensité remarquable. La matière serrée de ce vin puissant et distingué est construite sur la base de tanins enrobés. l'élevage est aujourd'hui parfaitement intégré. Un léger CO2 perceptible disparaît à l'aération et ouvre encore un peu plus vivement les arômes perçus de prime abord. Longueur magistrale pour ce CRU aujourd'hui parvenu au début de sa maturité. Excellent.
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Re: Dégustations bourguignonnes...

Message par Michel Therrien le Dim 25 Avr 2010 - 14:08

Nous avons dégusté hier soir le Volnay Chevret 2006 Domaine Nicolas Rossignol à Volnay. Le vin m'a séduit avec son bouquet de petits fruits rouges, une pointe réglissée et du poivre blanc. La bouche se voulait bien droite au départ puis l'évolution lui a donné chair et volume. La texture veloutée avec une bonne fraîcheur (un peu amplifiée par un léger perlant) nous donne un beau vin sur ce millésime. Heureux d'en avoir en cave! De plus, pour avoir passé un souper en sa compagnie, Nicolas Rossignol est un vigneron attachant, attentif, enthousiasme et qui se creuse les méninges pour faire bon......très bon!

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Re: Dégustations bourguignonnes...

Message par Patrick Essa le Mar 27 Avr 2010 - 16:42

Gevrey-Chambertin Clos Prieur 1999 Marc Roy

Le domaine Marc Roy est modeste en surface - 5 ha - et les parcelles qu'il cultive ne font pas partie des lieux-dits les mieux placés de la commune. Point de grands ou premiers crus ici, en revanche des "villages" excellents qui chaque année rivalisent avec ceux de l'elite communale qui est pourtant fort qualitative. Cette parcelle de Clos Prieur mesure 50 ares et est située pour partie en premier cru dans une zone privillégiée. Plantée de ceps âgés et taillées avec soin, elle a toujours un aspect concentré et mûr qui sied à merveille à la douceur naturelle que génèrent ces contrées. Marc Roy est aujourd'hui secondé par sa fille Alexandrine qui a fait évoluer les pratiques culturales et a apporté sans doute une part de féminité à des vins déjà séducteurs.

1999 est une année d'abondance et de belle maturité. Les vins qui en sont issus, s'ils sont en général très facile d'accès, manquent parfois de puissance et sont équilibrés autour d'une acidité basse. Ce n'est pas le cas de ce vin sombre, jeune d'aspect et très parfumé. Il exhale des notes de framboise, de réglisse et de fève de cacao pour composer un ensemble olfactif racé, intense et frais.La bouche est élégante, souple et dispose d'une matière serrée équilibrée par une juste acidité. Les tanins soyeux magnifient les arômes mûrs de fruits rouges sur une trace fumée fort personnelle. Un vin long et engageant qui se boit avec une facilité déconcertante. On en redemande! Très bien+.

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