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Quelques vins de soif...

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Quelques vins de soif...

Message par Patrick Essa le Ven 4 Déc 2009 - 10:02

Morey Saint Denis Clos de la Bussière 2000 Georges Roumier

Ce monopole de la maison Roumier constitue une entité à part sur Morey car il termine le finage au sud du côté des villages de Chambolle-Musigny. Un peu isolé par son mur, sur un sol légèrement vallonné et incliné vers l'Est il dispose d'un sol original composé de petites laves qui se délitent. Ce micro-climat très singulier procure toujours une certaine austérité- quasi "cistercienne" - à ce vin qui -de facto- porte superbement son nom.

2000 qui est un millésime en général assez souple a donné encore une fois dans ce clos un vin sérieux, sans que l'on puisse parler toutefois d'une réelle retenue tant le profil aromatique fruité satisferait le palais des plus exigeants. Ne lui demandez pas une puissance infinie et une complexité hors classe, il s'agit d'un premier cru de bas de coteau, parfaitement vinifié qui se montre plaisant pour ses arômes de fruits rouges et ses tanins fins. Finale assez longue. Un vin à boire dès aujourd'hui. Bien - 87.

Chambolle-Musigny Sentiers 2000 Groffier

Le millésime est aujourd'hui accessible car -déjà relativement souple à sa naissance- il bénéficie aujourd'hui d'une heureuse maturation sous verre dans presque tous les domaines de la Côte. Ce Sentiers a été récolté à juste maturité sur la base de rendements très mesurés qui lui ont sans doute permis de dépasser le cadre un peu fluide de l'année. Placé sous les Bonnes Mares et heureusement plantées de vieux ceps taillés en cordon, cette cuvée est toujours un modèle d'élégance et de suavité.

Ce 2000 est caractérisé par une couleur rubis, sombre, jeune et encore fringante, on lui donnerait facilement trois ou quatre années de moins. Les senteurs de griotte, de fève de cacao se combinent en un nez subtil, complexe et infiniment élégant. La trame douce d'une matière soyeuse aux tanins fondus est magnifiée par des arômes de fruits rouges présents et la sensation tactile en bouche est d'une sensualité étonnante. Un vin long, bouqueté et d'une classe folle qui a ravi une assemblée de dégustateurs chevronnés, juste derrière un Montrachet 99...ce qui n'est pas toujours aussi simple! La très grande classe pour ce vin qui confirme que le domaine Groffier évolue en Bourgogne dans une sphère qualitative à part. Excellent - 94

Gevrey-Chambertin Clos Prieur 1999 Trapet

Petit premier cru situé sous les meilleures terres de Chambertin, le Clos Prieur est souvent un vin qui égale en finesse et en race le Mazis voisin. Il n'en possède toutefois pas toute la puissance et s'exprime alors sur un corps svelte et des arômes parfumés de griotte et de pruneau.

Ce 2009 possède une couleur profonde, rubis et parfaitement limpide. Elle introduit un nez complexe et frais qui s'exprime sur des accents de grain de cassis, de mûre et de fraise des bois avec -sous-jacent - une ligne fumée du meilleur effet. La bouche est très pure, pleine et parfaitement équilibrée sur des tanins fins et un élevage intégré. Arômes de pruneau, de fève de cacao et de fruits rouges en finale...une magnifique premier cru! Très bien+. 90
Mazoyères Chambertin 1999 Perrot-Minot

Le cru de Mazoyères termine le finage de Gevrey-Chambertin en allant du côté de Morey Saint Denis. Dans le prolongement des Charmes sur une butte de terre quasiment plane, argileuse mêlée de cailloux en sa partie haute. Il n'a pas la notoriété de ses illustres voisins et de ce fait est sans doute le moins connu des grands crus de la commune. Le domaine Perrot-Minot est l'un des seuls à isoler ses Charmes en conservant l'identité formelle du cru et il est toujours fort intéressant de déguster ce vin qui pourrait se vendre légalement comme "Charmes".

La couleur très sombre du vin de Christophe Perrot-Minot et ses accents assez fortement boisés le place d'emblée dans la catégorie des vins assez modernes, mais il serait "stupide" de s'arrêter à cela car en bouche le vin montre une suavité et une richesse qui le rapproche nettement des vins de sols plus classiques. Disposant d'une couleur sombre à turbidité assez haute et d'un nez intense, animal puis très kirsché à l'aération, il "domine" facilement le palais par ses arômes puissants et ses tanins très fins centrés sur la prune, la merise et le réglisse. Un vin un peu austère à la finale encore un peu raide, mais qui possède beaucoup de race. Il évoluera encore favorablement sur 15 années au moins et montre tout son potentiel en une longue finale aérienne. Très bien.89

Echezeaux 1999 David Duband

Le grand cru Echezeaux est vaste - plus de 30 hectares - et les parcelles sont souvent de qualités inégales. Placé dans les parties hautes du cru celui-ci a toujours un caractère austère assez prononcé, en dépit des vinifications forts souples qu'apprécient David Duband.

Ce 99 possède une jolie robe rubis, assez profonde, parfaitement limpide et jeune. Son fruit est engageant et ses notes finement réduites ne le masque aucunement. La bouche est encore un peu stricte, réservée mais a vraiment du caractère et s'affirme pleinement après une aération de quelques minutes. Arômes un peu torréfié en finale, boisé encore un peu présent mais une bouteille qui donne beaucoup de satisfactions au final. Bien+. 88
Charmes-Chambertin 1999 Arlaud

Ce très bon producteur de Morey dispose d'une jolie parcelle de Charmes dans la partie basse des Mazoyères, celle dont la qualité est souvent remise en cause en raison de sa présence le long de la route nationale. Toutefois ceux qui connaissent la topologie des lieux savent très bien qu'à cet endroit la vigne forme un replat qui fait suite aux climat "village" de "champs chenys" et que ce dernier est en contre-bas et orienté vers le nord. Cette butte des Mazoyères est très qualitative et donne toujours des vins parfumés, séveux et très intenses.On y retrouve les domaine Maume, Magnien, Marchand, Charlopin, Bourgeot et quelque autres...

Ce 99 est très sombre et sa couleur nuit est un peu trouble en raison de l'absence probable de filtration. Cela ne gêne en rien la qualité d'un nez pur et très insinuant qui s'exprime sur la cerise à l'eau de vie, des notes de chêne neuf en filigrane et une petite trace épicée.La bouche est compacte, riche et parfaitement architecturée autour de tanins abondants et fins.Elle est marquée par de nobles arômes de cacao amer, de réglisse et de prune mûre et termine sur une fort belle longueur. Un vin parfaitement vinifié, plein et racé. Très bien+. 90

Nuits Saint Georges Les Cailles 1999 Lecheneaut

Ce petit cru de Caille est situé sur le magnifique coteau qui va de Nuits à Premeaux, juste sous la ligne à haute tension qui le coupe en deux. Un climat de mi-coteau, assez peu pentu qui donne année après année des vins d'une très grande finesse, comparables par leur texture aux meilleurs crus de Chambolle. Le domaine Léchenaut exploitait ici jusqu'en 2003 près d'un hectare du cru en fermage - il est aujourd'hui vinifié par le domaine Gilles à Comblachien - et en tirait une riche cuvée, harmonieuse et très aromatique.

Ce 1999 est aujourd'hui en pleine adéquation avec une vinification qui l'avait imaginé pour le long terme. 8 années sous verre l'ont poli et le boisé de première qualité est aujourd'hui quasiment absent, il se livre sous des atours charmants, gourmands mais également très concentrés. Matière riche, couleur sombre, nez finement réduit qui s'exprime sur le mûre à l'aération et longueUr impeccable, pour Ce cru raffiné et séducteur. La part féminine du finage de Nuits, une vraie réussite! Excellent.92


Gevrey-Chambertin Champonnets 2003 Faiveley

Que n'a t'on écrit sur ce millésime caniculaire et sur les caractéristiques des vins qui en sont issus. Tantôt bons pour l'évier, tantôt incroyablement concentrés et taillés pour la garde, tantôt simplement géniaux...Comme souvent la vérité fluctuera au fil des bouteilles ouvertes et de la qualité de nos analyses, il faudra alors tenir compte des moments de vendanges et de l'emplacement des climats qui portent ces crus. Et puis les hommes: leur travail, leur jugement au moment des vinifications et leur capacité à bien interpréter des fruits peu habituels car équilibrés autour d'une acidité basse et des extraits secs très importants.

Ce Champonnets est né sur une terre plutôt fraîche et cela se sent car il a su préserver une vraie énergie interne en s'appropriant la densité de texture conférée par l'année. Robe sombre, jeune et brillante. Nez intense, sauvage, très légèrement confit mais disposant de belles senteurs de pruneaux et de grain de cassis. Bouche compacte, peu marquée par la sucrosité et vive au moment de la longue finale. Un vin de vinificateur attentif, un vin qui magnifie cette année si particulière. Très bien+. 90+

Chambertin 2004 Rossignol-Trapet

Je commence doucement à ouvrir certains 2004 car j'estime que ce ne sont pas des vins à maturation longue. Bien entendu ils vieilliront sans décliner pendant encore une bonne dizaine d'années mais il me semble que le temps sous verre ne les bonifiera que fort peu. Il est à ce titre assez curieux de constater que les cuvées très "élevées" ou le bois dominait à la naissance en gommant un peu l'effet du millésime -à savoir ses notes vertes de gentiane- sont entrain d'évoluer vers des caractères herbacés peu engageant. Les autres, moins séduisantes à leur naissance évoluent doucement en fondant ses arômes initiaux dans une matière un peu fluide mais possédant douceur et énergie. Les 2004 ont ce côté bouqueté et fin des années moyennes mais laissent transparaître avec bonheur la race des grands terroirs.

Ce 2004 possède une robe rubis, légèrement évoluée au pourtour du disque. Les senteurs de cerise griotte, d'écorce d'orange, de cassis frais et de bâton de réglisse se combinent superbement au nez et offrent un plaisir nasale de premier ordre. La bouche est un peu mince à ce niveau de cru mais parfaitement "balancée" autour d'une acidité de bon aloi et une sucrosité qui génère un touché de palais très délicat. L'élevage est absent et je salue l'absence totale d'influence tannique boisée. Un Chambertin peu puissant mais d'une rare originalité qui prouve une fois de plus que les grands terroirs marquent nettement le millésime et finissent souvent par le magnifier. Une belle bouteille. Très bien. 89

Chambertin 2003 Rossignol-Trapet

On parle de ce millésime en termes passionnés sur des débats qui ne manquent pas d'intérêt chez François Mauss. J'y donne au détour de quelques remarques un aperçu sur la vison que je possède aujourd'hui du millésime. Loin d'être figés ces quelques constats me semblent évoluer à l'ouverture de chaque bouteille de ce millésime en dehors des normes...et des normales saisonnières.

Ce 2003 n'a pas été le moins du monde acidifié, coupé plutôt tardivement dans le contexte de l'année et est issu d'une zone qui bénéficie toujours de la fraîcheur des vents de la Combe Grisard. De ce fait il constitue un miracle de densité et de complexité sur une matière qui n'a que très peu d'influences "solaires". La couleur est quasiment noire et paraît quelque peu visqueuse. Le nez très racé exhale de belles notes de prune, de grain de cassis mûrs sur une légère trace fumée - très noble - en filigrane. Le millésime se retrouve quelque peu dans une texture un rien sirupeuse mais jamais écoeurante et encore une fois je m'incline devant le naturel de style confondant de Chambertin de haut vol. Longue finale. Excellent. 95


Clos des Lambrays 1999

J'avais vraiment beaucoup apprécié ce cru lors de sa jeunesse et avait été un des premiers à écrire tout le bien que je pensais du renouveau de ce grand cru à l'histoire tourmentée. Thierry Broin est un homme intègre et soucieux du cru dont il a la charge et les apports financiers de ses propriétaires allemands lui ont permis depuis de faire des investissements salutaires pour autoriser la haute qualité qui est celle du cru aujourd'hui.

Las ce 99 m'a déçu au milieu de ses pairs du même millésime. Oh il ne démérite pas et constitue toujours une bouteille de bon niveau mais le vin - sur ce flacon et une autre dégusté il y a trois mois - n'a pas montré toute l'énergie dont ses terres sont potentiellement porteuses. La couleur est assez sombre et évolue vers des reflets orangés. Les senteurs de poivre blanc, de cannelle et de clou de girofle sont assez intenses et se combinent à des notes de fruits noirs, un peu confites. La bouche structurée et ferme manque un peu de raffinement au niveau de la texture et possède une acidité un peu franche qui vient "gâter" quelque peu une finale de bonne longueur. Un bon vin que j'avais "vu" plus grand en jeunesse...il faut savoir se remettre en cause. Bien-. 86
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Re: Quelques vins de soif...

Message par Yves Martineau le Ven 4 Déc 2009 - 10:12

Patrick Essa a écrit:
Un bon vin que j'avais "vu" plus grand en jeunesse...il faut savoir se remettre en cause. Bien-. 86

Très rare et élégant, chapeau. C'est une lacune chez plusieurs professionnels.

Dis donc, il fait bon avoir soif chez vous. What a Face
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Re: Quelques vins de soif...

Message par Michel Therrien le Ven 4 Déc 2009 - 10:21

Merci Patrick.
Clos des Lambrays 99 est le seul des vins ci-haut que je possède en cave et que j'ouvrirai dans la prochaine année. Les 3-4 Clos des Lambrays 99 dégusté depuis 2-3 ans m'avaient aussi laissé sur ma faim tout comme le Clos de Tart 99 d'ailleurs. Sont-ils en phase ingrate....le temps nous le dira.

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Re: Quelques vins de soif...

Message par Invité le Ven 4 Déc 2009 - 11:00

il n'y a qu'en Bourgogne que l'on peut trouver tels "vins de soif"!!!
une expérience avec Groffier, c'était un 2004, et c'est en effet une dimension à part...où étaient les notes que l'on dit si caractéristique du millésime!?

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Re: Quelques vins de soif...

Message par Invité le Ven 4 Déc 2009 - 11:02

le vin en question était un "Amoureuses" d'ailleurs dégusté avec Michel lors de la soirée Leroy 2004...

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Re: Quelques vins de soif...

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