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Déjeuner avec Monsieur Lurton

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Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Invité le Mar 1 Déc 2009 - 20:41

Un déjeuner tenu au salon privé du restaurant Europea. L’évènement chevauchait Montréal Passion Vin si bien que peu de personnes avaient répondu présent. Imaginez: 7 personnes autour de Monsieur Lurton pour nous présenter les vins de son domaine personnel, Château Marjosse et, en supplément, trois millésimes exceptionnels du célèbre Château d’Yquem: 2005, 1997 et 1989. Comme le disait avec amusement Mathieu Turbide assis à mes côtés : Il y a vraiment des jours où la vie est injuste… pour les autres!

Issu d’une importante famille bordelaise aux ramifications presqu’aussi complexes que celles que l’on trouve en Bourgogne (petit cousin de la fesse droite de l’autre), il abandonne ses études de médecine pour faire ses débuts au Château Clos Fourtet. Il a à peine 23 ans. Il apprend le métier de vigneron sous la gouverne d’Émile Peynaud, 10 ans plus tard, c’est non sans fracas qu’il prend littéralement les reines de l’un des crus les plus prestigieux du Bordelais: Château Cheval Blanc. À cet égard, il nous raconte une amusante anecdote : Lors de son embauche, on lui fait remarquer que le nom de Lurton étant un peu trop répandu à Bordeaux, il pourrait être opportun de prendre celui de sa mère. “Manque de pot, leur ai-je dit, ma mère est une Lafite!

En 2004, Pierre Lurton ajoute à sa feuille de route Château d’Yquem. Son but ultime : s’assurer de la meilleure qualité tout en respectant la personnalité de chaque cru. “Mon travail en est un de gestion de la qualité. Cela m’oblige à ne prendre aucun raccourci. Je ne rien oublier tout en respectant le fait que rien ne peut être parfait. Car c’est dans les défauts que l’on trouve les spécificités.” Sa réussite, nous avoue t-il candidement, il la doit au fait de ne pas de suivre les mode tout en refusant de s’asseoir sur ses lauriers: “Il ne faut pas que nos succès cachent notre médiocrité!

Sa prise en charge d’Yquem lui ouvre les yeux sur d’autres univers. “À Sauternes, le risque climatique est énorme, surtout à la vendange. Ça été un revirement de situation totale. C’est que toute ma vie j’ai lutté contre la pourriture alors que tout d’un coup il me fallait l’encourager”. Ses expériences en Argentine où, à la demande de Bernard Arnaud il crée Cheval des Andes, lui permettent de mieux maîtriser les années solaires comme 2003.


Pourquoi Entre-Deux-Mers ?

Marjosse, lui permet d’abord et avant tout de revenir à ses amours de viticulteur, de vigneron. Ça lui permet, dit-il, d’affirmer son côté bon père de famille qui n’a pas forcément les moyens financiers d’un Grand Cru... Un vignoble d’environ 65 hectares qu’il aime appeler son jardin secret. C’est là qu’il peut se ressourcer. C’est aussi un défi personnel. Car il n’est pas simple de sortir du panier de Bordeaux quand on fait à Entre-Deux-Mers! D’ailleurs, pour des raisons à la fois commerciales et pratiques, il a choisi de retenir l’appellation Bordeaux pour les rouges, plutôt que l’EDM mais il considère qu’il vaut mieux coller cette dernière aux blancs.

Dominé par le merlot à hauteur d’environ 75%, les rouges comptent pour près de 50 hectares et donnent, selon les millésimes, entre 180k et 150k bouteilles. Il a par ailleurs revu les normes de qualité et s’ajuste avec une production à la baisse

Château Marjosse 2006, Bordeaux
Un nez tendre et de bonne intensité évoquant les épices, les bleuets, le moka avec une touche de sapinage. On sent la rondeur du merlot en bouche, un corps moyen, des tanins avec juste ce qu’il faut de fermeté pour le rendre bien digeste. Frais et sans détour, on sent qu’il est bien né. 13

Château Marjosse 2008, Bordeaux
D’entrée de jeu, on sent une différence notable dans l’intensité et les texture. Un nez beaucoup plus affirmé, une bouche plus suave, un fruité plus précis. Devrait se vendre autour de 23$. Fort bien. 14

Château Marjosse 2008 Entre-Deux-Mer
Assurément la surprise de cette dégustation. Un assemblage classique de sauvignon et sémilion complété par une touche de muscadelle nous donne ici un vin pas du tout racoleur tout en restant luxuriant et bien frais. Croquant, il m’a semblé plus rond qu’un Château Bonnet, qui constitue une référence dans cette gamme. Bref, un excellent vin de soif qui sera très bien s’adapter à la table. Sera vendu autour de 25$. À ne pas manquer! 15

Château d'Yquem Sauternes

On passe ensuite dans un tout autre monde où, de la même manière que les bouteilles présentées devant nous, les yeux des convives se mettent à briller de mille feux.

Nous débutons avec le 2005 dont les vendanges sont étendues sur plus d’un mois et dont le défi a été de trier afin de rendre justice à la complexité et la constitution du terroir d’Yquem. M. Lurton nous avoue qu’on y trouve une grande proportion de jus passerillé. Ce qui nous donne un vin à la robe plutôt pâle/jeune doré et bien étincelante. Le nez a mis un temps à s’ouvrir sans jamais vraiment se livre. Marqué par un élevage fin et magistralement bien intégré, on décèle de jolis arômes d’abricot, de vanille et defleur d’acacia. C’est en bouche que le tour de force s’opère. Malgré ses 141g de SR, la richesse est contrebalancée par une étonnante fraîcheur donnant à l’ensemble un côté aérien unique et une grâce flamboyante. Un sentiment de plénitude indiscutable laissant place à une longue finale sur les agrumes. Un bébé qui devrait se révéler d’ici une bonne dizaine d’années. « Un vin magnifique, de dire M. Lurton. La seule connerie, c’est son prix! ». 17-18+

Nous passons au 1997 dont la robe, d’un doré jeune, présente des reflets fauve avec toujours cet aspect scintillant propre à Yquem. Le nez est franchement plus puissant et complexe que le précédent. Un registre de coing, d’abricot séché, d’épices exotiques, voire de safran. On sent aussi un peu mieux le côté botrytisé du fruit. La bouche est époustouflante. Les sucres (120g SR) commencent déjà à s’effacer pour laisser place à un volume immense et toujours cette fraîcheur renversante donnant au vin un côté à la fois digeste et insaisissable. Une très longue finale caressante et aérienne sur les fruits séchés et la pâte d’amande. Une merveille qui est loin d’avoir dit son dernier mot. 18.5+

Difficile de faire mieux, pourrait-on penser. Évidemment, avec Yquem, on est jamais en reste côté surprise. Ce qu’est venu confirmer de façon magistrale le 1989. Issu d’un millésime béni des Dieux à Sauternes et d’une vendange relativement courte, il a néanmoins donné un vin qui défi l’entendement. Une robe tirant sur le vieil or aux accents fauve/orangés. Le nez est d’une complexité à couper le souffle, un bouquet à la fois puissant et racé. Curieusement, peu de notes « chaudes ». M. Lurton explique que le vin renferme une grande part de jus passerillé. C’est son secret! La bouche montre une volupté superbe, un volume énorme, une fraîcheur déconcertante tout en restant d’une délicatesse proprement inouïe. Une longueur extraordinaire où s’entremêlent de divins parfums. Un étonnant silence s’installe à table, les dégustateurs étant tous hypnotisés par le nectar dans leurs verres. On frôle la perfection ou du moins l’idée que l’on peut s’en faire. Parvenu à maturité, il saura se complexifier sur de longues années. 19

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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Michel Therrien le Mar 1 Déc 2009 - 21:55

Merci Patrick! Content d'avoir 2 Yquem 97, mais déjà dégusté mon seul 89!
Même anecdote racontée à MPV p/r à sa mère.....lafitte!
http://www.agence-fleurie.com/echos-de-bordeaux/reportages/portraits-dacteurs-pierre-lurton.html

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La dégustation à l'aveugle est une grande leçon d'humilité.
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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Invité le Mar 1 Déc 2009 - 22:46

Merci pour les précisions, Michel.

Un texte écrit un peu rapidement... What a Face

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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Invité le Mer 2 Déc 2009 - 9:10

D'autres bonnes paroles de Monsieur Lurton:

À la question: Vous préférez Cheval Blanc ou Yquem?:

"On dit de moi être celui qui recrache le plus de Cheval Blanc au monde. C'est peut-être vrai... mais je peux vous assurer que je recrache beaucoup moins d'Yquem!"

Parlant du Yquem 1873 qu'il dégustait avec de vieux dégustateurs anglais:

"C'est un vin prodigieusement orgasmique!"

Il ajoute:
"Yquem est probablement la façon la plus élégante de voyager dans le temps"

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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Frederik Boivin le Mer 2 Déc 2009 - 9:47

Pat,
le Yquem 2005 est-il selon toi un achat avisé, considérant que je pourrais en avoir à prix, disons, potable?
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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Invité le Mer 2 Déc 2009 - 12:13

Honnêtement, à plus de 1300$ la bouteille à la SAQ, c'est vraiment de la déraison au centuple!

Maintenant, même à "prix potable" et sachant que 2005 n'est pas un millésime aussi grandiose à Sauternes que dans le reste du Bordelais, il faut comparer avec ce qui est disponible. Yquem étant Yquem, le 2005 est fort réussi, voire superbe mais... il ne passera probablement pas à l'histoire comme l'une des très grandes réussites. En cela, 1997 et 2001 sont indéniablement dans une classe hors norme et, bien souvent, vendus à moindre prix.

Personnellement, je miserais mes jetons ailleurs...

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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Richard Philippe Guay le Mer 2 Déc 2009 - 14:13

On trouve aux States du 97 pour moins de 300 $ et du 2001 pour environ 600 $ !!!

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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Frederik Boivin le Mer 2 Déc 2009 - 20:22

400 pour le 2005
500 pour le 2001
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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Richard Philippe Guay le Mer 2 Déc 2009 - 20:39

Je parle de 750 ml. Fred, est-ce la même chose pour toi ???

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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Frederik Boivin le Jeu 3 Déc 2009 - 21:10

yep
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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

Message par Invité le Ven 4 Déc 2009 - 11:49

Frederik Boivin a écrit:400 pour le 2005
500 pour le 2001

Le 2001 est à mille lieux du 2005! Les 100$ de différence, c'est un no brainer!...

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Re: Déjeuner avec Monsieur Lurton

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