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Semaine du 11 novembre 2013

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Patrick Essa le Sam 16 Nov 2013 - 11:21

Si par typicité on choisit d'isoler le paramètre qui a trait au lieu de production il est assez évident que celle ci ne peut être que général. En dégustation aveugle stricte reconnaître Bordeaux ou Rhône est déjà une forme de preformance et il semble évident que pour identifier un vin il faut que celui ci soit marqué par un caractère assez stable et identifiable. Merlot ou Cabernets, grenache ou syrah sont des questionnements secondaires qui ne renvoient pas au type du vin mais plutôt au lien qu'il entretient avec sa "variétalité", hors cette dernière est étroitement lié aux process de vinifications employés. Sont frappés de typicités évidentes un Sancerre qui sent le buis, un riesling alsacien qui pétrole, un Meursault noisetté ou un Cabernet qui poivronne...ce sont pourtant à chaque fois des erreurs de vinifications qui conduisent à laisser une emprunte, réelle, durable et stable dans le temps. Je m'en méfie donc comme de la peste!
Pour dépasser ces limites de typicité qui relèvent plus d'une stéréotypie connectée à des usages loyaux, constants et aisément reproductibles il est évident qu'il faut comprendre ce que les interactions terroirs, porte greffe/greffon et équilibre des fruits obtenus peuvent laisser comme trace indélébiles sur des processus de vinifications et d'élevages variables. En d'autre terme est ce que les effets du travail en cuverie peuvent être considéré comme des éléments à prendre en compte dans la typicité? La Malo non réalisée ou la vendange entière participent elles de la typicité des Loire secs blancs et des Beaujolais? Ce qui se fait majoritairement à Sancerre dans les sauvignons secs est il à même de définir avec pertinence le type absolu du vin de ces coteaux? En est il de même... Partout ailleurs?!!!
Pourquoi mes vins de Meursault profitenteraient-ils forcément d'une vinification en fûts de 228 litres? Pourquoi l'aligoté en cuve et pourquoi plus de bois dans les crus huppés? Pourtant sans ces règles aussi admises que convenues il est patent qu'aux yeux de l'amateur leur typicité serait moindre.méfions nous donc de ces codes admis qui estampillent les vins pour mieux les sérier tant sur le plan de leur forme que de leur qualité. Il faut pouvoir à chaque fois les dépasser pour les faire évoluer ...

Patrick Essa

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Invité le Sam 16 Nov 2013 - 11:25

Patrick Essa a écrit:Il faut pouvoir à chaque fois les dépasser pour les faire évoluer ...
J'aime beaucoup cette phrase.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Michelle Champagne le Sam 16 Nov 2013 - 15:04

Est-ce que la typicité est un défaut comme le prétend Patrick Essa ou un model de standardisation? scratch

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Olivier Collin le Sam 16 Nov 2013 - 16:00

Sans vouloir parler pour lui, je pense que Patrick Essa cherche une typicité essentiellement fondée sur le une fine expression du terroir. A ce titre les notes variétales, les techniques particulières en vinification pour exacerber certains traits facilement reconnaissables peuvent apparaître comme des distractions de cet idéal.

Entre cet idéal fondé sur le terroir et la standardisation, il y a tout de même beaucoup de possibilités. Personnellement, je trouve des phrases telles celle de Patrick Désy "[...] mais la typicité des terroirs est remarquable dans chaque cru!" assez vide de sens quand je ne connais personne dans notre entourage du vin qui puisse vraiment bien distinguer les terroirs du chablisien à l'aveugle (i.e. peu se tromper et donner des description cohérentes et convaincantes). Pour aspirer à ce niveau de précision, il faut avoir dégusté... des centaines de fois chaque cru, produits par de nombreux producteurs afin d'en isoler l'essence. Un gars du coin oeuvrant dans le monde du vin peut faire cela, certes, mais pour les autres ce n'est à mes yeux de des phrases convenues, agréables à lire certes, mais correspondant assez peu à la réalité.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Invité le Sam 16 Nov 2013 - 17:08

Olivier Collin a écrit: Personnellement, je trouve des phrases telles celle de Patrick Désy "[...] mais la typicité des terroirs est remarquable dans chaque cru!" assez vide de sens quand je ne connais personne dans notre entourage du vin qui puisse vraiment bien distinguer les terroirs du chablisien à l'aveugle (i.e. peu se tromper et donner des description cohérentes et convaincantes). Pour aspirer à ce niveau de précision, il faut avoir dégusté... des centaines de fois chaque cru, produits par de nombreux producteurs afin d'en isoler l'essence. Un gars du coin oeuvrant dans le monde du vin peut faire cela, certes, mais pour les autres ce n'est à mes yeux de des phrases convenues, agréables à lire certes, mais correspondant assez peu à la réalité.
Longtemps que Mônsieur le professeur ne s'était pas manifesté. Elle est d'ailleurs fascinante cette obsession d'avoir à me caler pour se donner un tant soit peu d'importance. Chacun sa façon d'exulter ses frustrations cachées, j'imagine... Rolling Eyes 

Pour revenir à ma phrase "creuse", nul besoin de reconnaître à l'aveugle la typicité d'un cru pour la comprendre. Il suffit de rassembler, de manière régulière, les vins de quelques producteurs et de lire un peu sur chaque cru pour s'en faire une idée. On peut alors constater que les "traits" d'un cru tendent à mieux ressortir dans un vin que dans un autre. Ça peut s'expliquer tant par l'emplacement des vignes que par le travail du vigneron. C'est en cela qu'on arrive à dire que Raveneau et Dauvissat sont au sommet.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Yves Martineau le Sam 16 Nov 2013 - 18:50

Patrick D., je n'en fais pas une attaque personnelle du tout, mais j'avoue que cette phrase "la typicité des terroirs est remarquable dans chaque cru" m'avait fait tiquer. Je crois que même si je prenais sept Chablis par semaine depuis quelques années, j'aurais de la misère à arriver à ce niveau de certitude, même si j'oubliais la rareté des Raveneau. Alors, tu es peut-être un top expert chablisien méconnu, ou alors tu t'es laissé emporter...


Dernière édition par Yves Martineau le Sam 16 Nov 2013 - 19:20, édité 1 fois

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Alain Roy le Sam 16 Nov 2013 - 18:53

Cuvée Joseph Torres 2003, Château de Nages, Costière de Nîmes, acheté en 2006, 22$.

Excellente petite piquette de 20$ âgée de 10 ans, à la robe profonde et brouille, mais d'un grenat sans signe d'évolution. Le nez l'est au premier essai, puis s'ensuivent de beaux arômes de fruits rouges confits. Superbe compagnon à table, il est en pleine forme, costaud et tendre à la fois, intensément fruité, velouté, un brin sucré, et une surprenante acidité maintient le tout en harmonie et rajoute une jolie fraîcheur !

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Gael Giraud le Sam 16 Nov 2013 - 19:23

Yves Martineau a écrit:Alors, tu es peut-être un top expert chablisien méconnu, ou alors tu t'es laissé emporter...
lol! lol! 

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Domaine Glantenay Volnay Clos des Chênes 2010

Message par Patrick Ayotte le Sam 16 Nov 2013 - 20:49

Domaine Glantenay Volnay Premier Cru Clos des Chênes 2010

Rubis relativement sombre pour du Pinot. Nez fragrant sur les petits fruits, les épices, la terre humide ainsi que des notes d'élevage / caramel. En bouche, le vin est plus monolithique que le nez ainsi qu'un poil plus sévère. Reste qu'une certaine rondeur y est et supporté par une belle trame fruité, que le côté épicé et boisé appui. Semble un peu jeune pour être pleinement apprécié, mais n'est pas une bête indomptée non plus. Très bien.

Fait 13% d'alcool. Élevage de 16 mois en barriques de chêne français (30% neuves, le reste de 1-3 ans). Rendements de 30 hl/ha

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Patrick Essa le Dim 17 Nov 2013 - 10:50

Trebbiano d'Abruzzo 2007 - Valentini : Servi en pure aveugle ce Trebbiano n'a pas vraiment convaincu. La couleur soutenue à reflets vert indique un léger botrytis initial des raisins. Elle se tient mais introduit un nez très peu élégant qui n'a que peu à voir avec la région et beaucoup plus avec une mauvaise levure dominante qui a développé des notes impures de cidre et de lactose. Pourtant la bouche est concentrée et on suppose une jolie concentration naturelle, mais quel gâchis que d'y retrouver des accents lactiques et carboniques mêlés. Un bon potentiel imparfaitement réalisé qui laisse entrevoir une matière concentrée. Peu abouti.


Dernière édition par Patrick Essa le Dim 17 Nov 2013 - 16:34, édité 1 fois

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Michelle Champagne le Dim 17 Nov 2013 - 13:57

Patrick Essa a écrit:Trebbiano d'Abruzzo 2007 - Valentini : Servi en pure aveugle ce Trebbiano n'a pas vraiment convaincu. La couleur soutenue à reflets vers indique un léger botrytis initial des raisins. Elle se tient mais introduit un nez très peu élégant qui n'a que peu à voir avec la région et beaucoup plus avec une mauvaise levure dominante qui a développé des notes impures de cidre et de lactose. Pourtant la bouche est concentrée et on suppose une jolie concentration naturelle, mais quel gâchis que d'y retrouver des accents lactiques et carboniques mêlés. Un bon potentiel imparfaitement réalisé qui laisse entrevoir une matière concentrée. Peu abouti.
Ce trebbiano de Valentini 2007 a remporté la récompense de meilleur vin italien (Best Italian Wine Awards) en 2012...que c'est-il passé?

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Patrick Essa le Dim 17 Nov 2013 - 16:37

Je me suis posé la question...mais aucune déviance dans cette bouteille.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Patrick Essa le Dim 17 Nov 2013 - 16:41

Quelques vins Suisses:

Aigle Grand Cru 2008 Clos du Crosex Grillé: robe dorée, nez assez intense sur des notes de pomme chaude. Bouche fraîche et un peu perlante sur une bonne matière mais également un léger sucre. L'ensemble est un peu évolué et tenu par le CO2. Des notes miellées et une petite amertume finale à associer au CO2. AB

Féchy Le Brez 2007 - Chasselas de Raymond Paccot: Robe dorée + avec une évolution. Nez sur la pomme chaude et le CO2, un peu évolutif, peu intense. Bouche sur le CO2 et un fin sucre résiduel. La bouche est vive et un peu maigre et semble arrivée à haute maturité. Longueur et fraîcheur moyennes. Manque de fond et peu de plaisir. Moyen.

Yvorne Grand Cru 2007 - Château Maison Blanche: nez discret, finement floral, un peu candi et très légère évolution. Bouche ample, sucrosité basse, enveloppant. Point de CO2 et un peu chaud en alcool sur la finale. Le fruité est assez frais et le vin à maturité. Acidité basse et notes de fruits blancs. Bien.

Räuschling Seehalden 2006 Meilener Schwarzenbach : couleur claire limpide, jeune. Attaque acide très franche soutenue par le gaz qui fait suite à un nez naphté/tourbé puis sur la sève de pin. très original. Sucre fondu et encore présent, bonne longueur. Très belle énergie interne. Bien+

Donatsch 2007 Completer Malanserrebe : Couleur très claire. Nez aromatique puissant avec une matière superbe et un sucre fin qui enrobe la bouche et glycérine la matière . Le boisé est assez peu qualitatif et il y a peu de lourdeur en finale. Bon mais reste imparfait sur le plan technique.

Petite Arvine de Fully Les Perches 2012 : couleur claire, jeune. Nez floral très pur et élégant. Impression sèche, fraîcheur marquée sur un corps moyen mais très bien équilibré. On se régale de sa précision et de sa finale étirée. TB

Humagne Blanche Clos de Mangold : robe claire, nez très fin sur des notes de tilleul et de pervenche. Sucre amalgamé au CO2 mais un peu présent. Un vin élégant qui gagnerait à être élevé plus longuement. Bonne longueur B+

Païen de Chamoson 2004 - Simon Maye et Fils: robe dorée, nez rôti très marqué. Bouche fumée soutenue par des sucres résiduels un peu haut pour moi. Très bonne longueur sur la sucrosité mais acidité volatile un peu trop élevée. B

Ermitage Serpentines 2007 de Martigny - Gérald Besse: robe dorée prononcée avec des reflets ors. Nez liquoreux et rôti avec beaucoup de classe. Petite amertume en attaque mais finale longue portée par une matière visqueuse. TB

Amigne de Vetroz 2011 " légèrement douce " de Jean René Germanier: nez net et pur qui est marqué par des senteurs amyliques. Bouche douce et souple qui préserve un fruité exubérant et exotique. Honnête longueur. AB

Humagne Rouge Quintessence 2010 - Benoit Dorsaz : couleur violacée et jeune. Le nez est très flatteur, sur l'orange sanguine et un élevage assez discret. Notes réglissées en bouche mais aussi un rien de sucrosité en trop. Bonne longueur. AB

Cornalin du Valais 2006 - Denis Mercier: robe noire, sans aucune évolution. Nez assez discret sur les petites baies rouges, poivré ensuite. Bouche austère, un peu brutale et retenue. Bouche tannique, puissante et monolithique qui manque de longueur et de dessin. AB-

Studach pinot noir 2011 - Malanser: couleur très pinot, sur des accents jeunes. Nez élégant, précis et fruité avec de la race et une jolie présence. Bouche droite et fraîche qui possède des tanins fins. Bonne longueur. B+

Syrah VV de Chamoson 2011 -Simon Maye et Fils: couleur très sombre, violacée et sans évolution. Nez sanguin, fumé, poivré et d'une rare noblesse. Bouche suprêmement équilibrée, dense, puissante et raffinée. Notes de fruits noirs et cacao amer avec une rare tenue. Quel vin! Hors Classe

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Olivier Collin le Dim 17 Nov 2013 - 21:44

Patrick Désy a écrit:
Pour revenir à ma phrase "creuse", nul besoin de reconnaître à l'aveugle la typicité d'un cru pour la comprendre.
Tu vas dire que je m'acharne sur ton cas, mais ça c'est la meilleure! Tu affirmes pouvoir "comprendre" l'identité d'un cru sans sentir le besoin de tester à l'aveugle cette "compréhension". Excuse-moi mais c'est n'importe quoi... Pour affirmer qu'un climat a des caractéristiques propres, il faut pouvoir les décrire en elles-même. Sinon, ce ne sont que des lieux communs.

Voici une analogie littéraire, à la triste occasion de la mort de Doris Lessing, une petite anecdote révélatrice de ce dont je parle ici, qui n'a finalement pas tant à voir avec ta petite personne :

On se souviendra aussi du tour qu'elle a joué à son éditeur en 1981 en lui envoyant, sous le pseudonyme de Jane Somers, Le journal d'une voisine. Il l'a refusé, le jugeant "détestable" . Un autre l'a trouvé "déprimant". Le livre a été finalement publié, et seul Ivan Nabokov, son éditeur français d'alors, a reconnu Lessing en Somers. Dévoilant sa supercherie, Doris Lessing n'a fait qu'un commentaire: "J'ai voulu vérifier que seul le succès attire la reconnaissance et le succès. Ceux qui se targuent d'être experts de mon œuvre ne reconnaissent même pas mon style…" Elle en savait long, comme tous les grands écrivains, sur le mensonge et l'illusion. Toute son œuvre les combat pour toujours. (Le Monde 17/11/2013)

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Ludwig Desjardins le Dim 17 Nov 2013 - 22:51

Romain Gary avait eu plus de succès en gagnant le Gongourt deux fois (interdit par les règles) grâce à un pseudonyme. Et personne n'avait reconnu Roman Gary en Émile Ajar... Wink 

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Patrick Essa le Lun 18 Nov 2013 - 0:42

Est-il réellement nécéssaire de se lancer à la face de telles critiques alors que nous n'évoquons que des élèments de compréhension associés aux vins que l'on déguste? Je ne le pense pas et surtout il est permis d'avoir des points de vue différents et/ou complémentaires. On se trompe tous régulièrement dans nos déductions et le mieux est de considérer que la quête de compréhension qui est la nôtre doit juste nous conduire à partager nos expériences. J'apprécie vos deux plumes et chacune de vos interventions à des titres divers et c'est ce qui fait la richesse d'un site. Oublions ici nos rancœurs et laissons nous aller à être positifs...

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Vincent Messier-Lemoyne le Lun 18 Nov 2013 - 11:07

Olivier Collin a écrit:Sans vouloir parler pour lui, je pense que Patrick Essa cherche une typicité essentiellement fondée sur le une fine expression du terroir. A ce titre les notes variétales, les techniques particulières en vinification pour exacerber certains traits facilement reconnaissables peuvent apparaître comme des distractions de cet idéal.
Quelle magnifique synthèse il me semble!

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Vincent Messier-Lemoyne le Lun 18 Nov 2013 - 14:59

Samedi soir, chez des amis :

Jean Sandrin Harmonie brut champagne : Nez de fruit blanc, de biscuit et d’acacia sans notes rancio. Bouche crémeuse, pas particulièrement fine, mais vineuse et ample. Jolie longueur pour ce vin un peu dosé à mon goût, mais savoureux et plein. Bien, voire plus.

Prudhon Sur le Sentier du Clou st-aubin 1er cru 2009 : Nez de silex, de citron frais et de fumée. Bouche droite, assez vigoureuse, de concentration moyenne. Ensemble harmonieux et éclatant, mais un peu modeste en termes de concentration et de complexité. Bien.

Morey-Coffinet Morgeot Fairendes chassagne-montrachet 1er cru 2009 : Couleur plus foncée, mais bien brillante. Nez complexe et profond, sur des notes de poire mûre, de pêche, de nougat et de fleur jaune. Si l’ensemble ne possède pas le raffinement des meilleurs crus de la commune, il s’offre avec générosité, concentration, plénitude, mais toujours en équilibre. Vin texturé et parfumé, doté d’une très belle longueur, finement amère, avec cette impression de concentration. Excellent.

Vicomte Liger-Belair Clos du Château vosne-romanée 2002 : Nez tellement séduisant, sur des notes de fruits rouges frais, de fleur printanière, de pot-pourri, d’encens et de cannelle, le tout relevé d’un soupçon de zeste d’orange. La bouche est déliée, élégante et parfumée, de corps moyen par contre. Longueur correcte, jolie fraîcheur et persistance aromatique adéquate. Pas un fond terrible, mais que de charmes et de parfums … Très bien.

Montevertine Le Pergole Torte toscana 1999 : Nez aux premiers abords poussiéreux qui demandera un peu de temps. Le tout se révélera profond, sur la prune, le tabac, le cacao, les herbes grillées et le thé. La bouche est séveuse, mais droite, classique et dotée d’une réelle longueur. Finale aux accents de thé et d’épices, sur un fruité noir, avec une acidité vivifiante et des tanins fins. Magnifique vin de table. Excellent.

Produttori del Barbaresco Pajé barbaresco 1989 : Nez un peu fatigué, qui se remplumera à l’aération, sur des notes de figues séchées, de fleur fanée, de feuilles mortes, de cuir et d’anis. L’attaque est de bonne ampleur, mais le tout s’essouffle un peu rapidement, cédant le pas à une acidité un peu vive, rendant la finale fuyante. Encore là, à l’aération, la chair se déploiera et se montrera fondue, mais de bon volume. Longueur plus structurelle qu’aromatique, mais encore là, la table l’aide et il montre de réelles qualités gastronomiques. Si le vin a entamé son déclin, il s’agit d’une relative bonne surprise puisque nous nous attendions à constater un décès! Bien, voire plus.

Klein Constancia vin de constance 1997 : Belle couleur orangée aux reflets fauve. Nez de marmelade, d’abricot séché, de rhum agricole et de noix de coco. La bouche a digéré une bonne partie de ses sucres, se révélant pure, parfumée, mais plutôt svelte, pour un liquoreux, on s’attend! Finale de bonne longueur, avec des notes de tabac blond et de noix de coco. J’aime les liquoreux un peu plus riche et complexe. J’ai l’impression que les derniers millésimes sont plus réussis. Très bien.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Pierre Beauregard le Lun 18 Nov 2013 - 18:05

Vendredi soir dernier, avec un groupe d’ami(e)s de grands vins ont été sacrifiés en toute simplicité et pour notre plaisir et celui-ci fut plus que comblé.

Les vins ont été dégustés à bouteille découverte en un défilement lent et devant d’excellents tapas préparés par un traiteur du plateau.

Par ordre de dégustation :

L’Ermite 2007 de Chapoutier : un beau panier de fruits et une belle longueur. Un vin fin, en devenir, plaisant en ce moment mais qui saura l’être bien davantage dans une dizaine d’années 92 pts

Solaia 2004 : une des robes la plus foncée de la soirée. Des odeurs puissantes de cassis, de cèdre, une attaque puissante et dotée d’une bonne matière. Pour l’instant, le vin ne fait pas dans la dentèle. Présentement un 90 pts – demain 93 certainement.

Domaine Bruno Clair – Bonnes Mares 2009 : une belle puissance aromatique principalement des notes de noyaux de cerise et de framboises. Un vin intense tout en étant délicat. On croque le fruit, les tanins sont biens présents et sa demeure suave. 92 pts.

Château Rayas 1996 : Ce Rayas vient vraiment me chercher avec ses arômes d’épices fines, de poivre blanc et de fraises et de raisins de Corinthe. Un vin à pleine maturité. En bouche c’est la finesse et l’équilibre. Les tanins sont fins et en même temps on a une matière qui s’impose toujours. La final s’éternise et se termine sur une touche anisée. Très beau vin en ce moment et ne pourra être meilleur. À ouvrir pour les chanceux qui en ont encore. 94 pts.

Château Margaux 1992 : Un vin issu d’une année merdi … eh difficile mais tout de même réussi dans les circonstances par ce grand parmi les grands. Il y a un mois un 91 s’était avéré tout aussi impressionnant. Ici, on ne s’attarde pas sur la structure du vin, ni la puissante de la bouche, on ne fait que savourer le moment présent en se disant que c’est étonnant de retrouver le fruit et un peu de vanille dans un vin de ce millésime. C’était une belle préparation pour la suite de la soirée. 89 pts.

Avant de s’approcher du passé, un champagne a été servi, soit Pascal Doquet Blanc de blancs : A très bien jouer son rôle charnière, qui nous a permis de se rafraichir le palais et de pouvoir continuer notre route vers l’arrière.

Côte Rôtie La Turque 1987 de E. Guigal : Mon deuxième wow de la soirée. Une robe faisant compétition au Solaia 2004 tant il a l’air jeune. Des notes de poivre blanc mêlées de fruits rouges (ici je suis vraiment surpris) et de chocolat. La bouche est toute en finesse, tanins fondus, rond mais encore une belle matière. La finale est sur les feuilles humides. Le tertiaire s’installe. Probablement meilleur il y a 5 ans mais ça demeure toute une bouteille en ce vendredi 15 novembre 2013. 94 pts.

Château Margaux 1943 : Un vin produit dans des conditions plus que difficiles. D’ailleurs, il demeure étonnant qu’on ait produit dans ces années. Merci pour votre entêtement, sinon nous n’aurions pu être en méditation devant cette bouteille qui nous commande d’être humble. Bien entendu, la robe est usée, défraichie, mais quels arômes et quel bouche. Même si on y détecte des notes de feuilles c’est tout de même le seul point qui nous rapproche des notes tertiaires. En plus de ces feuilles, on y dénote également des effluves de rose et d’amendes. Je m’attendais à une bouche dégarnie et défraichie mais quelle surprise. Les tanins sont toujours existants, fins, délicats mais présents. Et quelle finale. La plus grande surprise à mon avis. Inattendue. 95 pts bien mérité et parce qu’il est rare pour ne pas dire inexistante, ces occasions données. Un plus que merci au donateur.

On fini le tout sur un sauternes, le Château Rabaud 1949. La couleur est très foncée. Le nez présente de fortes notes de coing et de zeste d’orange. Un vin ample, intense et bonne longueur. Bravo ! 92 pts.

Comment savons-nous que c’est un 1949 quand l’étiquette ne fait pas voir le dernier chiffre et qu’aucune information n’apparaît sur le bouchon ? Nous avions un limier dans la salle … un fin limier (Mister Laurendeau). La mention « Sigalas Rabaud et Rabaud Promis réunis » n’est apparue sur l’étiquette que pendant deux millésimes, c’est-à-dire sur le 1949 et 1950.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Hugo Bellemare le Lun 18 Nov 2013 - 18:17

Wow ! Belle dégustation ! Merci pour le CR Cool

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Invité le Lun 18 Nov 2013 - 21:00

Ahhh la magie du temps!

Merci Pierre pour ce CR inspiré.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Invité le Lun 18 Nov 2013 - 21:08

Yves, espèce de tannant, je n'ai jamais laissé entendre que je pouvais reconnaître à l'aveugle la "typicité" dans tous les crus de Chablis. Voyons, donc! Rolling Eyes Wink On en reparle le 5 décembre sur les Raveneau 2010.

Autrement, merci Pat Essa pour la sagesse de tes paroles. Je pense que tout le monde ici saura s'y reconnaître.

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Re: Semaine du 11 novembre 2013

Message par Ian Champagne le Mer 4 Déc 2013 - 13:23

Patrick Désy a écrit:Il faut dire que Butteaux, auquel tu fais référence, donne habituellement des vins plus chauds, plus pesants et qui s'affinent avec le temps.
Patrick Désy a écrit:En altitude, certes, mais moins propice aux gelées. C'est surtout son sol, plutôt argileux, qui donne des vins plus gras et plus riches.
Je me permets d'apporter certaines précisions sur la typicité du terroir de Butteaux. Par souci informatif plus que tout et non pas pour en remettre sur cette discussion qui a suscité de l'émotion. C'est pour cela que j'ai attendu un peu que la poussière retombe...

Butteaux est un lieux-dit en Chablis 1er cru Montmains. On retrouve en Butteaux des marnes magnifiques. Le sol des Butteaux est constitué majoritairement d’argile avec des pourcentages plus ou moins importants selon leur situation. Hors, Butteaux est un climat en altitude et de maturité froide: ses sols blancs sont plus longs à se réchauffer et demeurent particulièrement humides avec un certain risque pour les gelées tardives. De plus, la situation du Butteaux est particulièrement ventée, n’étant pas abrité des vents du Nord comme c’est le cas pour Forêt ou Vaillons. La maturation peut-être également plus tardive chez certains producteurs qui utilisent des porte-greffes 41 B du fait que les sols possèdent un taux de calcaire actif très élevé. Ceci fait de Butteaux un vin tendu, droit, puissant, pur et intensément minéral.

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